Concours “Je bouquine” – Les 5ème E sélectionnés

 Bonjour à toutes et à tous,

Le Grand Concours Je Bouquine  des jeunes écrivains 2019-2020 était ouvert du 18 septembre au 21 décembre 2019. C’est un concours d’écriture destiné aux collégiens scolarisés de la 6ème à la 3ème.  Il est organisé par Je Bouquine, la maison d’édition Rageot et parrainé par le ministère de l’Éducation nationale.

Avec les élèves de la classe de 5ème E, nous avons découvert en exclusivité les premières pages du roman de Véronique Petit : Vivre ses vies. Ensemble, nous avons décidé de relever le défi : inventer une suite.

Des correcteurs, choisis par la rédaction, procèdent à une pré-sélection parmi l’ensemble des textes reçus avant le 21 décembre 2019. Cette pré-sélection est soumise à la rédaction qui choisit les cent textes gagnants dans chaque catégorie et choisit parmi eux, les dix meilleurs textes de chaque catégorie qui sont soumis au président d’honneur : l’auteur. Cette dernière choisit parmi ces deux fois dix textes les trois premiers prix de chaque catégorie.

Après de longs mois d’attente, les résultats ont été publiés sur le site https://www.jebouquine.com/concours-jeunes-ecrivains/le-reglement-3/

  • Comme j’adore le suspense, je vous laisse trouver …

Tous les gagnants catégorie “Je joue avec ma classe” : 1er prix : Classe de 5e1, Collège Saint-François Régis, Montpellier (34) – 2e prix : Classe 4eE, collège de L’Evre, Montrevault-sur-Èvre (49) – 3e prix : Classe de 5eE, Collège Arthur Rimbaud, Belfort (90) – 4e prix : Classe de 3e1, Institut des Chartreux, Saint-Étienne (42).

  •  5e au 50e prix : (à partir de là, plus de classement. Les noms des gagnants sont rangés par département.) Classe de 4e4, collège Antoine Chintreuil, Pont-de-Vaux (01) – Classe de 3e A, collège Notre-Dame, Annonay (07) – Classe de 5e, institut Sainte-Marcelline-École française, Lauzanne (10), Suisse – Classe de 3e, collège Vilnius, Vilnius (10), Lituanie (LT) – Classe de 9VP2, établissement d’enseignement supérieur ES Léon Michaud, Yverdon (14), Suisse – Classe de 4eC, collège Aliénor d’Aquitaine, Le Château d’Oléron (17) – Classe de 4eA, collège Paul Bert, Evreux (27) – CDI, collège Saint J.-B. de la Salle, Nîmes (30) – Classe de 4eB, collège de Coutach, Quissac (30) – Classe de 6e1, collège Jacqueline Auriol, Villeneuve-Tolosane (31) – Classe de 6e6, collège Jacqueline Auriol, Villeneuve-Tolosane (31) – Classe de 4e2, collège Galilée, La Salvetat-St-Gilles (31) – Classe 6eG, collège Olympe de Gouges, Cadaujac (33) – Classe de 4eD, collège Olympe de Gouges, Cadaujac (33) – Classe de 4eC, collège Marcellin Berthelot, Begles (33) – Classe de 5e5, collège Saint-François Régis, Montpellier (34) – Classe de 4eD, collège Jean Jaurès, Mèze (34) – Classe de 4eE, collège Jean Jaurès, Mèze (34) – Classe de 5eB, collège Morvan Lebesque, Mordelles (35) – Classe de 5eE, collège Morvan Lebesque, Mordelles (35) – Classe de 4e301, collège Francis Poulenc, Tours (37) – Classe de 4e, collège Externat Notre-Dame, Grenoble (38) – Classe de 4eC, collège Le Rondeau Montfleury, Corenc (38) – Classe 4eD, collège Saint Joseph, St-Just-St-Rambert (42) – Classe de 3eBleue, collège le Sacré-Cœur, Pornichet (44) – Classe de 4e B, collège de l’Èvre, Montrevault-sur-Èvre (49) – Classe de 5eA et 5eC, collège privé Saint Charles, Angers (49) – Classe de 4eD, collège Trémolières, Cholet Cedex (49) – Classe de 4eB, collège Professeur Nicaise, Mareuil-le-Port (51) –  Classe de 3eA, collège Professeur Nicaise, Mareuil-le-Port (51) – Classe de 4e1, collège de La Craffe, Nancy (54) – Classe de 4e2, collège de La Craffe, Nancy (54) – Classe 5eD, collège St-Jean-Lasalle, Guidel (56) – Classe de 5eHG, collège Maxime Deyts, Bailleul (59) – Classe de 6e DUFAY, collège Jean Moulin, Berck (62) – Classe de 3e, collège Gambetta, Arras (62) – Classe de 3e2, collège Jean Mentel, Selestat (67) – Classe de 3e4, collège Mentel, Sélestat (67) – Classe de 4e5, collège Jean Mentel, Selestat (67) – Classe de 6eC, collège Sainte-Geneviève, Paris (75) –  Classe de 6eB, collège Sainte-Geneviève, Paris (75) –  Classe de 5e2, collège Gabriel Fauré, Paris (75) – Classe de 404, collège Martin Luther King, Buc (78) – Classe de 401, collège Martin Luther King, Buc (78) – Classe de 6e, collège La Source, Meudon (92) – Classe de 5e3, collège Aristide Briand, Domont (95)

Je suis très fière de nous !

Fière de cette troisième place obtenue.

BRAVO pour toutes ces compétences mises en œuvre et pour le plaisir que cette expérience nous a procuré.

Voici ce que nous avons gagné :

Le colis contenant nos prix sera expédié au collège.

Mme Mauduit, professeure de lettres modernes.

  • TEXTE

La peur enfuie au fond de mon corps gagne du terrain en fonction de mes mouvements. J’ai l’impression bizarre qu’une hache me coupe en deux. Un côté de moi aime sentir cette poussée d’adrénaline qui m’incite à me dépasser à la manière d’un carburant. L’autre ne pense qu’à une chose : que cela cesse. Ce dont je suis certain, c’est que je n’ai pas envie d’être un pantin secoué en tous sens.

Je me sens si lourd.

       Les franges de mon écharpe encore enroulée autour de ce qui me sert de cou fouettent violemment mon visage et la voile du BJ en torche m’emprisonne. Mes membres semblent désarticulés pendant que le sol se rapproche furieusement.

       Cette fois, je vais mourir !

       Je suis allongé sur le dos et je comprends que le sable mouillé a amorti ma chute. Ce qui est surprenant, c’est que je ne sens rien. Je suis enfermé vivant dans mon corps cercueil. La pression exercée lors de ma chute a probablement endommagé des connexions de mon cerveau.

 Incapable de bouger, incapable de raisonner.

 Mort cérébrale annoncée.

Une sensation étrange attire mon attention. Je me concentre comme on me l’a appris et je parviens à la localiser parfaitement. C’est comme si on pointait un sèche-cheveux sur ma nuque. Je profite du réconfort que m’apporte cette source de chaleur dirigée sur moi.

Mais, par qui ?

Maintenant, elle se déplace, monte, descend. Elle se livre à une inspection minutieuse de tout mon être sans que je résiste. Il faut que je parvienne à faire bouger mes paupières qui demeurent pour le moment hermétiquement closes. L’effort surhumain me coûte mes dernières forces. Mais malgré tout, je ne lâche rien et parviens à relever le défi.

Juste en face de moi, une silhouette s’active. Ses cheveux sont attachés en une queue-de-cheval dont la couleur contraste avec la robe blanche qu’elle porte. J’ai l’intime sensation que je connais cette femme. Tout en elle me semble familier. Comme si elle m’avait entendu penser, elle pivote, s’approche et nos regards se mêlent.

– C’est toi ?

– Bien sûr. Qui veux-tu que ce soit ?

 – Maman…

 – Reste calme, tout va bien se passer

 – Oui, je sais, puisque tu es là. Je t’aime maman pour tout ce que tu fais pour moi. Je crois que je ne te le dis pas assez.

En guise de réponse, elle pose une main sur mon bras puis s’agenouille. Je sens son souffle qui frôle mon oreille alors, avant de me laisser emporter, je me concentre sur les mots qu’elle prononce en les articulant exagérément.

Au fait, pourquoi me parle-t-elle de cette façon ?

              Je suis sonné, d’accord, mais pas idiot.

 “Quand tu es parti de chez nous sans autorisation pour te livrer à ta petite activité sportive, tu as emporté ton téléphone. Je n’ai eu qu’à activer la géolocalisation pour te retrouver”.

Je détecte une pointe d’agacement mais aucune inquiétude. Elle est comme ça ma mère : surprotectrice mais efficace.

 Elle essaie de saisir quelque chose et comme elle s’agite pour l’atteindre, cela doit être important. La pénombre qui règne sur la plage ne lui facilite pas la tâche. Une lumière vive m’attire. Tel un papillon de nuit je la rejoins où elle a installé une sorte de bandeau équipé d’une lampe. C’est drôle mais ainsi coiffée, on dirait une spéléologue. Cette remarque me détend et j’oublie momentanément la situation dans laquelle je me trouve.

Je remarque qu’elle fouille dans un énorme sac que je reconnais. Si ma mémoire est encore fiable elle le range, dès qu’elle rentre de son travail, sous la console. Elle en extirpe un gros pavé : La Bible des risques. Elle entreprend de la feuilleter en bougonnant : “Pas possible. Il est où ce fichu chapitre ?”.

 Soudain, elle hurle : “Page 101, Voilà”.

Elle pose son doigt sur une ligne en plein milieu et commence : “Que faire en cas de défaillance ?”

Au moment où elle se tourne vers moi, je la sens prête à commencer l’opération sauvetage. On dirait qu’un peuple de fourmis danse une salsa endiablée sur ma peau. Je décide de les écraser pour que ce contact qui m’électrise cesse.

Mes doigts, se referment sur une lanière en tissu au bout de laquelle pend une carte plastifiée : son badge de travail ! C’est la première fois qu’elle le porte devant moi. Comme tous les enfants, je suis curieux. Alors, je fais le focus sur ce qui est écrit en italiques. Léa Zimuté.

Pas de surprise.

Je poursuis : “ingénieure accréditation bât 101 zone I.A.”

Elle se penche, me prend dans ses bras et commence à me bercer comme elle le faisait quand j’étais plus jeune.

Je me sens si bien.

Avant de fermer les yeux, je l’entends murmurer : “Tu sais bien que je n’ai pas passé toutes ces années, enfermée dans mon labo, penchée sur toi pour que tu finisses écrasé comme une vulgaire crêpe. Je vais renforcer ta structure et remplacer ta carte mère. Ne t’inquiète pas mon fils presque parfait. Grâce à moi, ta nouvelle vie va bientôt commencer…”

A propos de Stéphane Fagot

Principal adjoint. Collège Arthur Rimbaud.